Il annule au dernier moment : ce que ça veut dire et quoi répondre

Psychologie
Thomas 12 min de lecture
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Jeune femme habillée pour sortir, assise sur son lit, son téléphone à la main après avoir lu un message d'annulation

Résumé rapide

  • La première annulation ne veut presque rien dire. C'est la deuxième qui devient une information.
  • Le signal à regarder n'est pas son excuse, c'est s'il repropose une date lui-même, avec un jour dedans.
  • Sur le moment : répondre court, ne pas faire de reproche, et ne pas reproposer de date à sa place.
  • S'il n'a rien reproposé au bout de deux jours, une relance suffit. Une seule.
  • Deux annulations sans nouvelle date, c'est déjà une réponse, même si elle n'est pas dite avec des mots.

Le message tombe une heure avant, parfois vingt minutes avant. « Je suis désolé, je peux pas ce soir. » Vous étiez prête, vous aviez décalé deux ou trois choses pour être libre, et vous voilà avec votre téléphone à la main en train de relire les trois mots pour la quatrième fois.

Voici ce qu'une annulation de dernière minute veut dire, le signal à regarder pour le savoir, et les messages à lui envoyer. Ils sont écrits, vous n'aurez qu'à recopier.

Ce qu'une annulation de dernière minute veut dire

La réponse honnête ne va pas vous plaire : la première fois, ça ne veut presque rien dire. Les gens annulent pour des raisons banales, et la plupart du temps ces raisons sont vraies.

Dans les faits, il n'y a pas trente-six raisons possibles. De la plus fréquente à la plus rare :

  • Un imprévu réel : un boulot qui déborde, un enfant à garder, une voiture qui ne démarre pas, un rhume attrapé la veille. C'est de loin le cas le plus courant, et personne n'y peut rien.
  • La flemme du moment : il avait dit oui mardi, on est vendredi, il a eu une semaine longue et l'idée de se doucher et de prendre le métro le décourage. Ça ne dit rien sur ce qu'il pense de vous, ça dit juste qu'il est fatigué et pas très courageux.
  • Le trac : ça arrive plus souvent qu'on ne croit avant un premier rendez-vous, et ça ne se dit jamais dans le message. Il annule, et il s'en veut dans les dix minutes qui suivent.
  • Il a autre chose ce soir-là : une meilleure proposition, un plan avec ses potes, quelqu'un d'autre. Là, l'annulation est un choix, même s'il ne l'assume pas comme ça.
  • Il n'avait pas prévu de venir : le rendez-vous existait pour ne pas dire non, et il a attendu le dernier moment pour ne pas avoir la conversation. C'est le cas le plus rare, et c'est aussi celui qui se voit le plus vite après.

Le problème, c'est que ces cinq raisons donnent à peu près le même message. « Désolé, gros imprévu, je peux pas. » Vous ne pouvez pas les distinguer en lisant le texte, tout simplement parce que l'information n'est pas dedans. Elle est dans ce qu'il fait juste après, et c'est ce qu'on va regarder maintenant.

Le seul signal qui compte

Regardez ce qu'il fait dans les minutes qui suivent son annulation, pas ce qu'il raconte pour l'expliquer. Une excuse longue et détaillée ne prouve rien, elle prouve qu'il est gêné. Ce qui compte, c'est s'il repropose quelque chose tout seul, avec un jour dedans.

Ce qu'il envoieCe que ça dit
Il annule et propose un autre jour précis dans la fouléeIl voulait vous voir. L'annulation n'est pas le sujet.
Il annule, s'excuse beaucoup, ne propose rienIl est gêné, mais il ne s'est pas décidé. À suivre de près.
Il annule et dit « on se refait ça vite »Sans jour, c'est une formule de politesse, pas une proposition.
Il annule sèchement, sans raisonSoit il pense qu'il ne vous doit pas d'explication, soit il se débarrasse de quelque chose qu'il n'assume pas.
Il annule et ne redonne plus signe de vieVous avez votre réponse, et elle est claire.

Le mot à surveiller, c'est le jour. « On se rappelle », « je te redis », « bientôt » et « dès que je suis moins pris » sont des phrases qui n'engagent à rien. « Mardi ou jeudi ? » est une phrase qui engage. Quelqu'un qui a envie de vous voir donne des jours, même approximatifs, parce que c'est comme ça qu'un rendez-vous se fabrique.

Pourquoi la deuxième annulation pèse plus lourd

Ça s'explique, et pas depuis hier.

En 1985, trois chercheurs, John Rempel, John Holmes et Mark Zanna, ont publié un travail sur la confiance dans le couple, dans le Journal of Personality and Social Psychology. Il est devenu un classique. Ils y expliquent que la confiance se construit en trois étapes, et toujours dans le même ordre.

La première, ils l'appellent la prévisibilité. Elle ne repose que sur une chose : ce que vous avez déjà vu la personne faire, plusieurs fois. La deuxième porte sur ce qu'elle est, et plus seulement sur ce qu'elle fait. La troisième, c'est le pari que vous faites sur ses intentions, sans preuve.

La première étape a donc besoin de répétitions. Une annulation toute seule ne vous apprend rien. C'est un fait isolé, et un fait isolé ne fait pas une habitude. La deuxième annulation vous apprend quelque chose, et c'est pour ça qu'elle pèse beaucoup plus lourd que la première. Rien à voir avec de la susceptibilité de votre part : vous avez enfin de quoi vous faire une idée, c'est tout.

L'autre chose qui se joue ce soir-là, c'est ce que vous allez faire de cette annulation dans votre tête. En 1990, Thomas Bradbury et Frank Fincham ont relu des dizaines d'études sur la façon dont les gens en couple expliquent le comportement de l'autre. C'était dans le Psychological Bulletin, et le résultat est net.

Les personnes malheureuses dans leur couple expliquent toujours les gestes négatifs de leur partenaire de la même manière. Ça vient de lui (« il est comme ça »), ça ne changera pas (« il sera toujours comme ça ») et ça déteint sur tout (« de toute façon rien ne va »). Devant exactement le même geste, les personnes heureuses cherchent d'abord du côté des circonstances.

Le plus intéressant vient après. Les études qui suivent les mêmes couples pendant des années laissent penser que ces explications ne font pas que refléter l'état du couple : elles pèsent dessus. Autrement dit, l'histoire que vous vous racontez ce soir peut changer ce qui va se passer après.

Ces travaux portent sur des couples installés, pas sur un deuxième rendez-vous. Ce qui reste vrai, c'est le réflexe : attendre d'en avoir vu assez avant de se faire une idée. Et le soir où on vous pose un lapin, ce réflexe ne vient pas tout seul...

Quoi lui répondre dans l'heure qui suit

Trois choses à faire, pas une de plus.

  1. Répondre court.
  2. Ne pas faire de reproche.
  3. Ne pas reproposer de date à sa place.

La troisième est la plus difficile, parce que c'est celle qui vous soulagerait le plus sur le moment. Sauf qu'en reproposant, vous reprenez à votre charge quelque chose qui était le sien. Et vous perdez du même coup la seule information que la soirée pouvait vous donner. Rendez-lui la question, et regardez ce qu'il en fait.

LLucasÀ envoyer

Vendredi 19:12

Je suis vraiment désolé, je vais devoir annuler pour ce soir

Ma sœur vient de me déposer son fils, je peux pas bouger de chez moi

Ah mince. Pas de souci, ça arrive.

Tu me redis quand tu es dispo ?

Lu 19:14

Pourquoi ça marche : deux phrases, aucun reproche, et la question repart chez lui. Le « tu me redis » est important : vous ne demandez pas s'il veut vous voir, vous partez du principe que oui et vous attendez la date. S'il répond « oui, plutôt mardi ou mercredi », c'est réglé. S'il répond « oui bien sûr » sans jour, vous savez déjà où vous en êtes.

LLucasÀ ne pas envoyer

Vendredi 19:12

Je suis vraiment désolé, je vais devoir annuler pour ce soir

C'est pas grave 😊

Enfin si un peu, j'avais décalé mon cours et j'étais déjà prête mdr

Sinon on peut se faire demain ? Ou dimanche ? Je suis libre tout le week-end de toute façon

Lu 19:13

Ce qui coince : trois messages là où un suffisait, un reproche déguisé au milieu (le « enfin si un peu » ne trompe personne), et surtout la date reproposée par vous. Vous venez de lui éviter le seul effort qui vous aurait renseignée, et « je suis libre tout le week-end » vous met en position d'attendre. Le fond est gentil, la forme vous dessert.

Le cas de l'annulation sèche, sans raison et sans un mot de plus, se traite autrement. Là, vous ne renvoyez pas la balle, parce qu'il n'y a rien à renvoyer.

LLucasQuand il n'explique rien

Samedi 18:40

Je peux pas ce soir finalement

Ah ok, pas de souci. Bonne soirée !

L'idée : il n'y a pas de point d'interrogation, et c'est volontaire. Quelqu'un qui annule en une ligne sans expliquer ni reproposer vous laisse un blanc, et le premier réflexe est de le remplir en posant une question. Ne le remplissez pas. La conversation s'arrête là où il l'a arrêtée, et ce qu'il fera ensuite vous en dira plus que tout ce que vous pourriez lui demander maintenant.

Beaucoup de femmes choisissent une autre voie et ne répondent pas du tout, en se disant que ça le fera réagir. Ce que ça provoque chez lui ressemble plus souvent à de la confusion qu'à une prise de conscience, et vous vous retrouvez à deux à attendre un message.

Les messages de relance, selon là où vous en êtes

Admettons que deux jours soient passés et qu'il n'ait toujours rien reproposé. Vous avez le droit de relancer, et ça ne vous fait pas passer pour une fille qui court après. Une relance, c'est normal. C'est la troisième qui commence à poser un problème.

Et cette fois, oui, vous pouvez donner des jours. Ce qui était une erreur juste après l'annulation devient la bonne façon de faire deux jours plus tard. Vous ne lui évitez plus rien : il a eu le temps de proposer, il ne l'a pas fait.

LLucasDeux jours après

Dimanche 11:20

Hello ! Alors, tu t'en es sorti avec ton neveu ? 😄

Dis, on se le refait quand ce verre ? Moi je peux jeudi ou samedi.

Pourquoi ça marche : vous reprenez un détail de son message, donc ça ne ressemble pas à une demande de comptes, ça ressemble à quelqu'un qui écoute. Puis vous donnez deux jours précis. Un « oui » devient facile à dire, et un « non » devient visible. S'il ne prend ni jeudi ni samedi et ne propose rien d'autre à la place, vous saurez à quoi vous en tenir sans avoir eu à poser la question.

La deuxième annulation est un autre moment, et elle se traite autrement. Là, une relance ne sert plus à grand-chose. Ce qu'il faut envoyer, c'est une phrase qui vous sort de l'organisation.

LLucasS'il annule une deuxième fois

Jeudi 17:55

Désolé, je vais pas pouvoir ce soir non plus, semaine de fou

Pas de souci.

Écoute, on arrête de fixer des choses pour l'instant, tu me fais signe quand tu as un moment de libre.

Ce que ça change : ce n'est pas une punition et ça ne se dit pas sur un ton froid. Vous arrêtez simplement de porter l'organisation toute seule, ce qui est une réaction saine et pas une bouderie. À partir de là, soit il propose quelque chose dans la semaine et vous saurez qu'il tient à vous voir, soit il ne propose rien et vous saurez aussi. Le mot important est « quand » : vous ne fermez pas la porte, vous arrêtez juste de la tenir ouverte à bout de bras.

Et si le rendez-vous finit par avoir lieu, il ne restera plus qu'à trouver de quoi se parler pour cette première fois, en commençant par le plus léger.

Quand il faut arrêter d'attendre

Arrive un moment où la question n'est plus de savoir quoi répondre. Quatre situations le disent assez clairement.

Deux annulations et aucune date reproposée : le compte est bon. La malchance n'a rien à voir là-dedans. Quelqu'un vous garde disponible sans vous voir, et ça peut durer des mois si vous le laissez faire.

C'est toujours vous qui proposez, qui relancez, qui organisez : comptez les cinq derniers rendez-vous et regardez qui les a lancés. Quand la réponse est « moi » cinq fois sur cinq, le problème n'est plus l'annulation de vendredi, c'est le déséquilibre qui s'est installé sans que personne le dise.

Il annule à chaque fois que ça devient un peu sérieux : un dîner chez lui, un week-end, une soirée avec vos amis. Si les annulations tombent toujours sur les rendez-vous qui engagent, le hasard a bon dos, et ça ressemble beaucoup à quelqu'un qui recule dès qu'il sent la relation avancer.

Vous passez plus de temps à décrypter qu'à le voir : c'est le plus fiable des quatre, même si c'est celui qu'on préfère ne pas voir. Une relation qui commence bien ne demande pas tout ce décryptage, tout simplement parce qu'il n'y a pas grand-chose à décrypter.

Et si vous hésitez encore, posez-vous la question autrement : est-ce qu'il tient à vous sans oser le montrer ? Chez certains hommes, les annulations cachent exactement ça.

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Questions fréquentes

Combien de temps j'attends avant de relancer ? Deux jours. C'est assez pour lui laisser le temps de proposer quelque chose de lui-même, et assez court pour que le rendez-vous manqué soit encore frais dans la conversation.

Est-ce que je peux lui dire que ça m'a déçue ? Oui, mais pas dans l'heure et pas dans le même message que votre réponse. Si vous y tenez, dites-le une fois, calmement, quand vous vous verrez : « la dernière fois ça m'a un peu embêtée, j'avais bougé des choses. » En message, ça passe presque toujours pour un reproche, même quand ça n'en est pas un.

Il a annulé mais il continue à m'écrire tous les jours, ça veut dire quoi ? Que la conversation lui plaît et que le rendez-vous, lui, lui coûte quelque chose. Trac, situation qu'il ne raconte pas, ou envie de garder le contact sans aller plus loin. La seule façon de savoir, c'est de proposer une date et de regarder ce qui se passe.

Il a annulé deux fois, je le relance encore ? Non. Après deux annulations, ce n'est plus à vous de proposer. Vous pouvez très bien continuer à lui parler si ça vous fait plaisir, mais le prochain rendez-vous doit venir de lui.

Et si son excuse est énorme ? Traitez-la comme n'importe quelle autre. Une excuse invraisemblable suivie d'une vraie proposition de date reste un bon signe, et une excuse parfaitement crédible suivie de rien reste un mauvais signe. Regardez ce qui vient après, toujours.

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