Que ressent un homme quand on l'ignore ?

Psychologie
Thomas 8 min de lecture
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Homme assis seul sur un canapé le soir, son téléphone éteint à la main, le regard dans le vide

Résumé rapide

  • Être ignoré fait mal au sens propre : le cerveau traite le rejet social comme une douleur.
  • Ça suit presque toujours le même ordre : il ne remarque rien, il s'agace, il doute, il relance, puis il décroche.
  • Le silence marche surtout sur ceux qui tiennent déjà à vous. Sur les autres, il ne provoque rien.
  • Ignorer quelqu'un pour le faire revenir donne un retour anxieux, pas un retour amoureux.
  • Se taire pour se protéger est une bonne décision. Se taire pour obtenir quelque chose n'en est pas une.

Vous avez arrêté de répondre. Peut-être après une dispute, peut-être parce qu'il ne faisait plus d'efforts, peut-être parce qu'on vous a dit que c'était la meilleure façon de le faire revenir. Et depuis, vous vous demandez ce qui se passe de son côté.

Voici ce qu'un homme ressent quand on l'ignore, dans quel ordre ça arrive, et ce que ça donne au bout du compte.

Être ignoré, ça fait mal, et pas seulement au sens figuré

Il y a une expérience très connue en psychologie, appelée Cyberball. On installe quelqu'un devant un écran, il joue à se faire des passes de balle avec deux autres joueurs, et au bout d'un moment les deux autres arrêtent de lui passer la balle. C'est tout. Les autres joueurs sont des programmes, la personne le sait souvent, et le jeu ne dure que quelques minutes.

Ça suffit pourtant à faire chuter l'humeur, l'estime de soi et le sentiment d'exister pour les autres. Kipling Williams, le chercheur derrière ces travaux, a montré qu'être ignoré touche quatre besoins de base : appartenir à un groupe, se sentir estimé, garder un peu de contrôle sur ce qui vous arrive, et compter pour quelqu'un. Le silence attaque les quatre en même temps.

Une autre étude, publiée dans Science en 2003 par Naomi Eisenberger et son équipe, a passé des participants au scanner pendant ce même jeu. Les zones du cerveau qui s'activent quand on est mis à l'écart sont en partie celles qui traitent la douleur physique. Quand un homme dit que ça lui a « fait mal » que vous ne répondiez plus, ce n'est donc pas une façon de parler.

Un dernier point avant d'entrer dans le détail, et il compte pour la suite. Ces effets apparaissent même quand la personne ignorée sait que c'est un jeu, et même quand elle n'aime pas du tout les gens qui l'ignorent. Autrement dit, la douleur d'être ignoré ne prouve rien sur les sentiments. Ce n'est pas parce qu'il souffre de votre silence qu'il vous aime.

Ce qui se passe dans sa tête, étape par étape

D'un homme à l'autre les délais changent, mais l'ordre, lui, bouge assez peu. Voici comment ça se déroule la plupart du temps.

MomentCe qu'il se passe
Les premières heuresIl ne remarque rien. Il se dit que vous êtes occupée.
Le premier jourLe doute arrive, mais son ego prend le dessus : il attend que vous écriviez en premier.
Deux à trois joursIl s'agace, il relit vos derniers messages, il cherche ce qui a changé.
Une semaineIl relance, souvent maladroitement. Un message banal, une story vue exprès.
Au-delàSoit il insiste, soit il décroche pour de bon. Rarement entre les deux.

L'étape la plus intéressante est celle du doute, parce que c'est là que tout se joue. Un homme qui ne comprend pas pourquoi on ne lui répond plus se fabrique une explication tout seul, et il choisit rarement la bonne. Il pense à un autre homme, à quelque chose qu'il aurait dit, à un désintérêt général. Presque jamais à la vraie raison, surtout si vous ne la lui avez jamais dite.

Et c'est aussi là que le silence devient contre-productif. Vous, vous espérez qu'il comprenne. Lui, il invente. Les deux histoires n'ont aucune raison de se ressembler.

Tous les hommes ne réagissent pas de la même façon

C'est le point qui change tout. Le même silence, envoyé à quatre hommes différents, donne quatre résultats qui n'ont rien à voir entre eux.

Celui qui a peur d'être abandonné : il craque en quelques heures. Il écrit, il rappelle, il s'excuse même pour des choses qu'il n'a pas faites. Votre silence lui fait un effet énorme, mais ce qui revient vers vous, c'est de l'angoisse, pas de l'amour. Cette réaction est typique de ceux qui vivent chaque absence comme un début de rupture.

Celui qui prend ses distances quand ça chauffe : il fait exactement l'inverse. Votre silence lui va très bien, il s'en sert comme d'une permission de disparaître à son tour, et vous pouvez attendre longtemps. C'est le profil qui se sent soulagé quand la pression retombe, et c'est le pire public possible pour cette méthode.

Celui qui est simplement bien dans ses baskets : il constate, il pose une question directe, et si vous ne répondez toujours pas, il en tire la conclusion qui s'impose et passe à autre chose. Sans drame, mais sans retour non plus.

Celui qui manipule : pour lui, votre silence est une partie de bras de fer. Il ne ressent pas de manque, il ressent une perte de contrôle, et il va tout faire pour la reprendre. Souvent en vous punissant à son tour d'un silence plus long que le vôtre.

Vous voyez le problème. Sur les deux premiers profils, le silence provoque une réaction, mais ce n'est pas celle que vous cherchez. Sur les deux autres, il ne provoque rien du tout, ou pire.

Est-ce que l'ignorer va le faire revenir ?

Réponse honnête : parfois oui, et c'est précisément le problème.

Le silence fait revenir un homme qui tenait déjà à vous. Il ne crée pas de sentiments là où il n'y en avait pas. Vous ne pouvez donc rien gagner que vous n'aviez pas déjà, et vous risquez de perdre ce que vous aviez : quelqu'un qui décroche, ou qui revient pour de mauvaises raisons.

Le retour obtenu par le manque ne ressemble pas à un retour choisi. Un homme qui revient parce qu'il a paniqué revient dans un état inconfortable, et cet inconfort ne dure pas. Deux semaines plus tard, quand tout est redevenu calme, la raison qui l'avait fait revenir a disparu. Vous vous retrouvez exactement au point de départ, sauf qu'entre-temps vous avez appris à ne plus vous parler.

Il y a un cas où ce raisonnement ne s'applique pas, celui de la rupture. Après une séparation, ne plus donner de nouvelles n'est pas une technique, c'est la seule façon de laisser les choses se décanter des deux côtés. Si vous en êtes là, sachez qu'un homme encaisse souvent une rupture avec plusieurs semaines de retard, et que le silence des premiers jours ne dit rien de ce qu'il pensera dans un mois.

Quand se taire est la bonne décision

Tout ce qui précède vise le silence utilisé comme outil, pour obtenir quelque chose. Se taire pour se protéger, c'est autre chose, et là c'est souvent la meilleure chose à faire.

Vous avez toutes les raisons d'arrêter de répondre si vous vous sentez rabaissée, si vous êtes la seule à faire des efforts depuis des mois, si les discussions tournent systématiquement à votre désavantage, ou si vous avez besoin de calme pour réfléchir sans être influencée. Dans ces cas-là, le silence n'est pas un message codé. C'est une limite.

La différence tient à une chose simple : le silence-limite se dit une fois avant de commencer. Une phrase suffit. « J'ai besoin de quelques jours sans qu'on se parle, je reviendrai vers toi. » Après ça, vous pouvez ne plus rien dire pendant une semaine sans que ce soit un jeu, parce que l'autre sait où il en est.

Le silence-technique, lui, ne s'annonce pas, justement parce qu'il compte sur l'inquiétude pour fonctionner. C'est ce qui le rend inconfortable pour tout le monde, y compris pour celle qui l'utilise.

Et si votre vraie question est plutôt de savoir ce qu'il ressent pour vous, indépendamment de cette histoire de silence, il y a plus simple que d'attendre un message : la façon dont il se comporte quand vous n'êtes pas censée regarder est bien plus parlante. Et si c'est votre ex qui vous occupe l'esprit, on a fait un test pour mettre à plat ce qui reste entre vous.

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Questions fréquentes

Combien de temps avant qu'il réagisse ? Entre deux jours et une semaine dans la majorité des cas, s'il doit réagir. Au-delà de deux semaines sans le moindre signe, ce n'est plus une question de délai.

Est-ce qu'il pense à moi pendant ce temps ? Oui, mais pas comme vous l'imaginez. Il y pense par à-coups, quand quelque chose le lui rappelle, et pas en continu comme vous pouvez le faire de votre côté.

Il a vu mon message et n'a pas répondu, ça veut dire quoi ? Le plus souvent, qu'il ne sait pas quoi répondre et qu'il repousse. Un silence après lecture est rarement une décision, c'est une hésitation qui s'installe.

Est-ce que je peux revenir en arrière ? Oui, et ça se fait en une phrase, sans justification longue. « J'ai eu besoin de prendre du recul, je suis là si tu veux qu'on en parle. » Plus l'explication est courte, plus elle est facile à recevoir.

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